janvier 26, 2022

Un Jura à trois communes ?

L’exemple de Glaris

Le Canton du Jura va-t-il imiter celui de Glaris ? Le PCSI a lancé mardi une initiative pour un Jura de trois à six communes. Le canton de Suisse orientale ne compte plus que trois communes depuis dix ans

 

publié sur rfj.ch le 2.12.2021

 

Le canton de Glaris comptait 25 communes jusqu'à fin 2010. Il en reste trois depuis la fusion. Le canton de Glaris comptait 25 communes jusqu’à fin 2010. Il en reste trois depuis la fusion.

 

L’exemple du canton de Glaris plane sur le Jura. Mardi, le PCSI a lancé dans le Jura une initiative pour redessiner la carte du canton avec entre trois et six communes. Cet objectif de refonte et de fusion XXL a été mené il y a une dizaine d’années dans le canton de Glaris qui compte environ 40’000 habitants.

Un projet « positif »

A Glaris, le projet a pris une forme concrète en 2006. La Landsgemeinde a alors décidé par deux tiers des voix de procéder à une fusion conséquente. Le canton de Suisse orientale allait passer de 25 communes à 3. C’est le 1er janvier 2011 que Glaris, Glaris Nord et Glaris Sud, les trois nouvelles communes, sont officiellement nées. Si la population a parfois remis en question le projet, cette fusion est aujourd’hui globalement bien acceptée, d’après le conseiller national glaronnais Martin Landolt. Ce dernier est aussi élu dans le législatif de son canton. Il avait piloté cette fusion il y a dix ans, puisqu’il était le président de la commission qui a porté ce projet. Il en dresse un bilan « très positif » mais reconnait que la fusion n’est pas le remède à tous les problèmes. D’après lui, il y a toutefois plus d’avantages que d’inconvénients. L’un d’eux, c’est le développement de la région glaronnaise. Martin Landolt prend l’exemple d’une entreprise : « Si une usine veut s’installer chez nous, elle discute avec trois communes et ne multiplie pas les interlocuteurs, c’est beaucoup plus efficace », souligne-t-il. D’ailleurs, d’un point de vue administratif, l’efficacité est aussi davantage présente avec un nombre limité de communes, selon lui. Toujours à en croire Martin Landolt, la fusion a permis « quelques épargnes » mais la comparaison est difficile avec la période qui a précédé ces unions.

 

L’identité, point d’achoppement

Comme lors de la grande majorité des fusions, les citoyens de Glaris se sont inquiétés d’une éventuelle perte d’identité. Martin Landolt se souvient de voix qui s’étaient élevées il y a une quinzaine d’années. Les opposants ne sont plus très bruyants, mais grincent parfois encore des dents d’après l’élu. Ce dernier souligne toutefois que « rien n’a changé » dans l’esprit villageois. La vie sociale et culturelle est encore très dynamique dans les différents villages à Glaris. Le conseiller national et membre du législatif glaronnais est donc aujourd’hui très content de cette fusion XXL dans son canton et voit d’un bon œil l’intérêt du PCSI pour une telle démarche dans le Jura. /mle