février 03, 2023

Pourquoi cette lutte contre les fusions ?

Une histoire ancienne qui s’emballe…

On nous questionne souvent sur le pourquoi de notre engagement contre les fusions de communes. SI la réponse tient évidemment dans le contenu de ce site et dans l’analyse du phénomène des fusions de communes, on pourrait sans doute le résumer dans l’interpellation que provoque chez l’observateur lambda de la vie politique de notre pays (et maintenant de celle de nos voisins) cet emballement vertigineux d’une histoire somme toute assez ancienne.

Bien qu’il y ait déjà eu des fusions de communes par le passé, dans le canton de Fribourg tout s’est précipité après l’inscription dans la Constitution du principe de l’encouragement des fusions de communes par l’Etat . Sur la lancée de cet article, le Grand Conseil a adopté et fait
voter par le peuple la Loi concernant l’encouragement des fusions de communes qui obligeait le Conseil d’Etat de mandater les préfets des districts à établir un plan de fusion pour toutes les communes de leur district. Ceci fut fait en juin 2013, le Conseil d’Etat était à même de présenter à la presse le plan qui lui permettrait de faire passer le canton de 1644 à 35 communes d’ici à 2017.
Interpellation aussi par un processus toujours identique, qui propage cette quasi obligation à toutes les communes.
D’abord l’appui se fait donc sur la loi, qui oblige à planifier les fusions. A cela s’ajoute l’appât d’une incitation financière et la pression d’une limite temporelle pour en bénéficier. Les communes engagées bénéficient ensuite d’un canevas d’organisation parfaitement rôdé avec pour unique objectif de verrouiller le oui dans les urnes Elles sont soutenues en cela par le Conseil d’Etat, évidemment, et un petit nombre de consultants professionnels dont c’est le métier de « fusionner ».
Interpellation finalement par une population  « bouche bée » – devant ce qui s’apparente à une stratégie du choc.
Finalement. cela se traduit par un non-débat: la seule perspective pour les communes, peu importe leur taille – car aucune collectivité n’est jamais jugée assez grande pour affronter la compétition entre les territoires – c’est la fusion, seule capable de leur garantir un avenir radieux.
Conséquences ?
Outre le flagrant glissement de compétence décisionnelle qu’elles impliquent et valident, les fusions accélèrent un processus centralisateur et globalisateur de la société de croissance qui contribue fortement à en faire un système sur lequel l’individu n’a plus prise et dans lequel toute différence est gommée et combattue.
Question: quel est l’avenir des communautés communales ?
Les communes, ce sont les premiers cercles de la démocratie, c’est à dire des libertés que nous contrôlons encore. Nous ne devrions pas les brader pour « quelques dollars » et la promesse d’une meilleure efficacité bureaucratique.
Maintenant, elles sont attaquées de front avec des arguments et des moyens à la démesure de ce hold-up planifié.
Sera-ce dans l’indifférence générale ?