juin 30, 2022

Le passé (récent) du combat contre les fusions

Citoyens actifs l’alpha et l’oméga de la démocratie directe

Article du site www.horizons-et-debats.ch

 

Mw. Les groupes de citoyens qui se forment dans le Canton du Jura pour opposer leurs arguments factuels aux fusions de communes imposées d’en haut, et pour contribuer ainsi à une formation de l’opinion variée au sein de la population, constituent un exemple du fonctionnement de la démocratie directe en Suisse. Les citoyens s’opposèrent à la propagande unilatérale du gouvernement cantonal et malheureusement aussi de la plupart des médias par des lettres de lecteurs et par la constitution de groupes de citoyens, comme par exemple le «Comité de l’association des bour­geoisies jurassiennes» qui se défendit contre la fusion de sept communes en une grande commune sous la dénomination artificielle de la «Haute-Sorne». Au Val Terbi également, il y eut des citoyens qui s’indignèrent contre le fait que la fusion des communes soit imposée à la vitesse grand V, qui ne permettait pas de réflexion approfondie, selon une lettre de lecteur intitulée: «Val Terbi – Trop vite et trop im­précis». De vastes parties de la population émirent ces réserves, de sorte que deux sur sept communes votèrent contre la commune unitaire de la «Haute-Sorne». De même, au Val Terbi, seules trois sur sept communes se prononcèrent en faveur de la fusion.

 

Ce qui est particulièrement impressionnant, c’est la manière de procéder du mouvement citoyen «Franches-Montagnes, je m’engage». Il s’est constitué suffisamment tôt et a publié le 10 janvier 2012 déjà une résolution contenant une énumération dé­taillée d’arguments fondés contre la fusion des communes concernées. Ainsi, il y eut assez de temps à disposition avant la votation du 25 mars pour une explication approfondie et une formation de l’opinion. Le groupe de citoyens attacha beaucoup d’importance à ce que la campagne de votation se déroule sur un plan objectif et sans conflit avec la partie adverse. De plus, il faut admettre que les prises de positions critiques concernant les fusions du 5 février ont été lues dans bien des familles des Franches-Montagnes. C’est ainsi que la formation rigoureuse d’opinions, sur la base d’arguments et d’objections, porte petit à petit ses fruits. La contribution de chacun est précieuse et contribue au tout.
Le 25 mars 2012, la méga-fusion des Franches-Montagnes a été clairement refusée par treize communes. Un exemple encourageant pour tous les citoyens et mouvements de citoyens: n’hésitons pas à nous dresser contre le vent contraire – nous en sommes redevables à notre pays, et à la conservation de notre système unique de démocratie directe et à sa structure étatique fédéraliste. Et en même temps cela renforce notre personnalité et notre sentiment de bien-être. Car celui qui s’engage pour le bien commun s’en trouve grandi.    •

 

Franches-Montagnes, je m’engage

Résolution du 10 janvier 2012

Le mouvement citoyen «Franches-Montagne, je m’engage» réuni en assemblée ce 10 janvier 2012 au Noirmont pour lancer la campagne d’opposition à la commune unique,
•    condamne l’action concertée du Copil et du Gouvernement qui tentent d’imposer le diktat d’une commune unique contre la volonté des Francs-Montagnards;
•    proteste contre le décret sur les fusions de communes qui instaure des lois centralistes et coercitives;
•    réprouve les velléités de détruire nos communes et la précipitation du projet;
•    affirme que la diversité des communes de la montagne et l’attachement des Francs-Montagnards à leur village et à leur origine sont le terreau du dynamisme, de l’esprit d’entreprise, et de l’engagement citoyen qui ont fait la force de la démo­cratie dans notre district;
•    regrette que des fonds publics constitués par nos aïeux aient été dilapidés pour un projet qui finalement n’aura servi qu’à mettre un frein aux intentions de rapprochement ou de collaborations logiques, et même aux fusions, entre certaines communes;
•    incite pour l’avenir les exécutifs communaux à inventorier les synergies possibles à l’intérieur et à l’extérieur du district;
•    soutient tout acte ou instrument de solidarité permettant de renforcer la cohésion du district sous sa forme actuelle;
•    déplore le manque de clarté et les nombreuses omissions, en particulier sur le plan financier, de l’étude accompagnant la convention;
•    s’oppose au bradage et à la vente des biens communaux prévus en cas d’acceptation d’une commune unique;
•    refuse d’accorder sa confiance aux faux prophètes qui sacrifient 300 ans d’histoire, de partage, de solidarité, de tra­versée d’épreuves et d’engagement citoyen sur l’autel de la doctrine politique, du corporatisme, de l’ambition personnelle, de la convoitise et du népotisme;
•    rappelle aux Francs-Montagnards que franchir la frontière du faux Eldorado qu’est la commune unique est irréversible;
•    recommande à tous de s’opposer à la commune unique en se déplaçant massivement aux urnes le 25 mars prochain.

Le Noirmont, le 10 janvier 2012