août 11, 2022

La longue expérience belge

Nous avons reçu récemment un courrier fort intéressant d’un de nos lecteurs internautes belge.

Son constat à propos de fusions communales en Belgique prouve, encore une fois, que ce phénomène confiscatoire du point de vue démocratique a les mêmes conséquences, où qu’il soit appliqué.
Bonjour,

[…]
En 1976, l’état belge impose la fusion de communes pour ramener le nombre de communes de plus de 2500 à moins de 600.
Durant la première législature, les promesses faites à l’époque dans les conventions de fusion, ont été tenues dans la grande majorité des cas. De ce fait, après 6 ans de fusion, la population n’était ni enthousiaste, ni déçue.
La détérioration de l’ambiance communale s’est faite petit à petit, par rabotages successsifs. 38 ans plus tard on peut dresser le bilan suivant :
  • La commune principale est la grande gagnante d’une fusion.
  • A la première rigueur budgétaire, tous les services de proximité sont supprimés et centralisés dans la commune principale.
  • L’éloignement du centre de décision fait que le citoyen ne se sent plus concerné sauf pour réclamer. il peut le faire par des pétitions ou en contactant son représentant dans l’ancienne commune, s’il y en a encore un, alors qu’auparavant il donnait un ou deux coups de fil et rencontrait un représentant de l’exécutif.
  • Ce qui est important pour la commune fusionnée n’intéresse pas nécessairement l’ancienne commune, ses citoyens ont l’impression de s’être fait avoir. Les priorités ont changé.
  • L’apparition de partis politiques là où il n’y en avait pas, désoriente une partie des citoyens par des décisions plus idéologiques que de bon sens.
  • Les sociétés locales ont tendance a disparaître ou à fusionner en perdant la personnalité de l’ancienne commune.
  • Loin de faire des économies d’échelle, la nouvelle commune a coûté beaucoup plus cher, procédure plus lourde, ambiance « mauvais fonctionnaire », etc..
  • En bref, j’ai de la famille en Belgique, je ne connais pas de Belge qui la recommencerait

En Suisse personne ne se rend compte que cette détérioration est lente et définitive, il aura fallu presque 40 ans en Belgique pour tirer un bilan aussi catastrophique et nous nous engageons sur la même voie.

Pour contrer cela, il faut assouplir les procédures et la gestion des collaborations communales qui ont un vrai avenir, ce sont des mariages avec divorces possibles.

Enfin, il faut stimuler dès l’école les jeunes à envisager à l’âge adulte, un engagement politique à l’échelle communale.

Sans ces deux dernières conditions les fusions passeront faute de combattants.

Merci pour votre lecture.