août 11, 2022

La fusionite: une déferlante politiquement correcte

Préambule

Une commune est le premier cercle de l’organisation sociale en dehors du noyau familial. Du fait de cette proximité, il se noue souvent un lien identitaire, affectif et émotionnel fort entre les habitants et « leur » commune.

 

Une commune est avant tout un projet humain, projet entre des personnes qui organisent entre elles une vie sociale, des relations, bien au-delà des relations politiques ou administratives. La composante humaine est donc le réel enjeu et la clef de toute la problématique.

 

Fusions en Europe

Hormis les pays aux structures plus récentes comme par exemple les Etats-Unis ou les démocraties de l‘Est, la problématique des fusions de communes touche la plupart des nations européennes. En effet, il est suggéré que les difficultés d’assumer les défis contemporains sont mieux assumées par des entités ayant la « taille critique » que par celle qui sont plus petites. L’Italie, la France, la Belgique et l’Allemagne ont connu des concentrations importantes durant la seconde partie du siècle passé. La France, très « centraliste », connaît toujours cette problématique et y répond aujourd’hui en donnant des compétences fiscales à des mini-régions englobant plusieurs communes, ce qui équivaut à une perte d’autonomie et de représentation directe pour la population. En Suisse, le phénomène s’accentue.

 

La déferlante fribourgeoise réanime le débat

Dans le canton de Fribourg – comme déjà dans d’autres cantons – une vague de fusions est en train de déferler sur les communes. La vitesse avec laquelle ces changements structurels d’une cellule de base de la démocratie helvétique sont engagés, nous font réagir pour réanimer un débat qui pour l’instant est à sens unique avec pour seule perspective, la fusion.

 

On ne peut plus attendre pour se mobiliser massivement

Ce débat est d’autant plus important qu’outre l’important glissement de compétence décisionnel que ces fusions impliquent et valident, elles accélèrent un processus centralisateur et globalisateur de la société du XXIe siècle qui contribue fortement à en faire un système sur lequel l’individu n’a plus prise et dans lequel toute différence est gommée ou combattue.

 

Le débat des fusions pose des questions fondamentales sur l’avenir des communautés communales : elles jouissent d’une situation enviable et elles ne devraient pas se brader pour une poignée de dollars et des promesses d’une meilleure efficacité … bureaucratique!

 

D’où vient l’idée des fusions ?

Reste à dire à cette occasion: l’idée que les petites entités politiques devront être remplacées à long terme par de grandes régions – par des entités politiques dépassant les frontières nationales –, n’est pas nouvelle… Cette tendance à vouloir concentrer le pouvoir est presque aussi vieille que le monde et a toujours fini de la même manière en sacrifiant la population qui en est l’instrument.

 

Le processus des fusions est un processus qui semble continu avec un objectif permanent de réduction des entités communales, des districts, des cantons ou des départements (en France), des nations.

 

Pour quelles raisons et quelle est la limite ?