décembre 08, 2023

A Breteuil, les homonymes de nom de rue provoquent-ils des erreurs postales ? (F)

C’est en tout cas ce que l’opposition municipale de Breteuil a soulevé : des doublons de noms de rues des trois communes historiques, Breteuil-sur-Iton, Cintray et La Guéroulde.

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Les homonymes de nom de rue peuvent engendrer des erreurs postales ©Publihebdos

Cette problématique ne date pas d’hier. Néanmoins, c’est au dernier conseil municipal de Breteuil (Eure) qu’elle a été évoquée par les élus de l’opposition. En cause, le problème des courriers et des livraisons concernant les rues homonymes des trois communes qui ont fusionné : Breteuil-sur-Iton, Cintray et La Guéroulde. 

Des bouteilles d’oxygène

Il s’agit principalement de la route de Sainte-Suzanne, rue du Lavoir et Place de l’Eglise.

« Certaines personnes ont eu des problèmes de livraison à cause de ces noms de rues qui existent pour deux communes. C’est également embêtant pour les pompiers et le SAMU en cas d’urgence. Sur les GPS (NDLR : Global Positioning System), on peut rapidement se tromper ».

Françoise Denis, conseillère municipale de l’opposition

 

Et effectivement se rendre rue du Lavoir mais pas au bon endroit. « J’ai eu le cas, poursuit la conseillère de l’opposition. Un jour, on m’a livré des bouteilles d’oxygène à Cintray alors qu’elles étaient à destination de La Guéroulde. C’est très embêtant »

Le maire de Breteuil, Gérard Chéron, admet avoir déjà eu vent de ce problème d’adressage. « Nous en avions même déjà parlé lors d’un précédent conseil municipal ». En revanche, « je n’ai jamais eu de retour de la part d’habitants, voire même des pompiers ».

« Cela demande de changer plein d’autres choses »

Le premier magistrat explique qu’il est « compliqué de donner un autre nom aux rues puisque cela demande, aux habitants, de changer plein d’autres choses au niveau administratif ».

Propos confirmés par Corinne Prudhomme, directrice générale des services (DGS), « quand on change le nom d’une rue, il faut faire des modifications au niveau des compteurs électriques, du gaz, et ça, c’est payant ».

 

Le problème est même plus large « car La Poste demande, quand il y a un même code postal, de changer les noms de rues pour éviter les doublons. Mais c’est impossible puisque, par exemple, le code postal 27160 (Breteuil) correspond à plusieurs communes ». En l’occurrence, à quatorze communes.

« Sur le fait, je ne suis pas contre, souligne Gérard Chéron, mais il faut voir si les habitants sont prêts à engendrer tous ces frais ».

Selon Corinne Prudhomme, « il faudrait voir dans les rues où il y a peu d’habitants dans l’hypothèse où on change de nom ». En cela, pour éviter de toucher trop de personnes.

L’association des Maires de France s’était penchée sur ce sujet

Depuis la fusion des communes, qui s’est faite en grande majorité en 2016, les doublons des noms de rues sont apparus au grand jour. L’association des Maires de France s’était même penchée sur le sujet en éditant une note pour évoquer ces questions d’adressage.

Outre les possibles frais engendrés, modifier le nom d’une rue peut être difficile pour les riverains qui y voient un côté sentimental et affectif.

 

Comme l’avait expliqué le groupe La Poste, « le nom de la commune historique, on peut le garder à vie. Il suffit ensuite de terminer par le code postal historique, qui ne change pas, suivi du nom de la commune nouvelle ».

Mais cela ne résout pas tous les problèmes, certains organismes publics ayant des fichiers d’adresses qui n’acceptent que quatre lignes.