mai 23, 2022

Cheyres se retire du projet de fusion

Broye • La commune renonce à l’union à dix autour d’Estavayer-le-Lac. En cause: son taux d’imposition aurait augmenté de douze points.

Article de La Liberté du 17 juin 2014

Par Delphine Francey  et Chantal ROULEAU

 

Le projet de fusion autour d’Estavayer-le-Lac vient de perdre une fiancée. Alors que la première séance de présentation à la population était prévue lundi prochain, Cheyres renonce au mariage. En cause: le taux d’imposition, précise le comité de pilotage (Copil) dans un communiqué diffusé hier. Fixé pour la future commune à 82%, il prendrait l’ascenseur de douze points pour Cheyres. «C’est une décision irrévocable. On ne peut pas imposer une telle hausse à nos citoyens», commente le syndic André Jaccard. «C’est terrible.»

 

Outre la fusion avec Bussy, Châbles, Estavayer-le-Lac, Morens, Murist, Rueyres-les-Prés, Sévaz, Vernay et Vuissens, Cheyres participait déjà à une étude parallèle pour une union avec Châbles. «Nous allons continuer dans cette direction», assure André Jaccard. Qu’arrivera-t-il si Châbles délaisse sa commune voisine et opte pour la fusion autour d’Estavayer-le-Lac? «Nos collaborations (notamment les écoles, ndlr) pourraient bien sûr être remises en question», consent André Jaccard. «Mais pour l’instant, nous n’en savons rien. Il faut attendre la décision de Châbles.» Le syndic châblois Kurt Zimmermann n’était pas joignable hier pour se positionner.

 

L’impôt communal de 82% a été calculé sur la base d’un plan financier établi jusqu’en 2020. «Toutes les communes ont listé les investissements futurs. On parle de plus de 85 millions de francs», précise Christophe Chardonnens, préfet de la Broye et président du Copil en qualifiant ce plan financier de «raisonnable». Sur les neuf communes encore en lice, quatre ont un taux d’imposition inférieur à 82%: Sévaz (70,1), Bussy (72,5), Châbles (78,4) et Rueyres-les-Prés (79).

 

«On sentait venir»

 

Christophe Chardonnens ne se dit pas surpris par ce retrait: «On sentait venir cette décision lorsque l’étude a démontré que pour Cheyres il serait difficile de justifier cette augmentation d’impôt.» Il estime que le projet de fusion à neuf reste toujours intéressant, notamment pour les petites communes qui connaissent des difficultés en termes de forces et de ressources financières.