août 11, 2022

Ça coince déjà sur le Haut-Plateau !

Avant-première bruyante pour la fusion de Crans-Montana

 

Quelle ne fut pas notre surprise en découvrant dans le Nouvelliste du 28 janvier 2016 un article annonçant que des citoyens voulaient annuler la fusion. A peine six mois après le oui à la fusion, un groupe de citoyens de Chermignon a repris le taureau par les cornes en faisant du porte à porte et réclame la convocation d’une Assemblée primaire (législatif) extraordinaire avec vote à bulletins secrets pour annuler la fusion.

Cette récolte de signature, qualifiée de « rocambolesque » par le journal, a débuté alors que le contrat de fusion n’était encore même pas ratifié par les autorités.

Si les considérants des signataires de cette initiative communale (qui a déjà semble-t-il rassemblé le quorum nécessaire) sont certainement très différents les uns des autres, cela révèle à coup sûr le climat de déception profonde et de frustration qui a accompagné récemment la mise en place de premiers éléments liés à la nouvelle commune à naître le 1er janvier 2017.

En effet, la conjoncture n’est de loin pas favorable l’ambiance de fête que le Président de Mollens aurait souhaité en votant une enveloppe de 50’000.- CHF pour célébrer les derniers jours de l’ancienne commune dont les relations ne semblent déjà pas faciles avec les 3 autres. Le projet pour l’extension du site touristique d’Aminona a lui essuyé un revers au Tribunal Fédéral et le cautionnement au profit des remontées mécaniques CMA, n’a pas passé la rampe des diverses communes partenaires, compliquant un peu plus la solidarité attendue sur le Haut-Plateau en désignant des boucs émissaires.

Il n’en fallait pas plus pour réanimer les divers forums sur internet et constater le soudain épanchement de citoyens déçus d’avoir voté OUI le 14 juin dernier et qui maintenant montent au créneau pour s’exprimer et s’affichent sans peur.

« Il est à mon avis bien triste d’admettre que de la « poudre aux yeux » nous a été systématiquement envoyée lors de la campagne en faveur de la fusion par le biais de multiples modifications [et] de promesses… ».

Comme à cela s’ajoute encore la fébrilité de la préparation des élections des autorités de la nouvelle commune par des partis divisés, inutile de préciser que, comme le dit un habitant, « les prochaines semaines risquent d’être chaudes ».   

 

Maintenant, il ne reste plus qu’à souhaiter bonne chance à ce comité. Si, comme nous le constatons, il arrive à convaincre ses  concitoyens à se lancer dans une procédure de « défusion », il restera encore à passer l’obstacle du Grand-Conseil, dont le plénum se prononcera en mars sur cette fusion.

Et finalement, subsistera la possibilité de recourir contre la décision du Grand Conseil directement auprès des Tribunaux, du Tribunal Fédéral dans le cas particulier, mais cette éventualité ne signifie pas pour autant une attitude plus conciliante de leur part face à ce revirement politiquement incorrecte. Les fins de non recevoir essuyées par  plusieurs groupement d’opposants sont là pour l’illustrer (Ausserbinn (VS), Belmont-Broye (FR), Monsevelier (JU)).